Archives annuelles : 2014

Lutins de Noël: les questions pièges

1. « Pourquoi il y a des lutins à vendre dans les magasins? » Les lutins de Noël, c’est comme la viande. Quand on n’a pas le temps ou le talent pour chasser, on l’achète chez le boucher.

2. « Les lutins qu’ils vendent dans des boîtes, ce sont des vrais? » Ce sont des lutins d’élevage. Ils n’ont pas grandi en liberté au pôle Nord et sont un peu moins vigoureux et coquins que les autres. Cela permet aux commerçants d’en vendre plus. Ils coûtent moins cher et les tout-petits ne voient pas la différence.

3. « Les lutins ne sont pas tous pareils. Est-ce qu’ils sont tous vrais? » Les éléphants et les chats ne sont pas pareils. Pourtant, ce sont tous des animaux. Oui, ce sont tous des vrais.

4. « J’ai une amie qui a quatre lutins. Moi aussi, j’en veux plein. » Ta cousine a six animaux de compagnie et nous aucun. C’est à chaque famille de mettre ses limites et les nôtres sont atteintes.

5. « Il n’y a presque pas de lutins filles. Pourquoi? » Les filles sont très difficiles à attraper. Demande à papa, il va te dire que c’est vrai.

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Quoi dire à quelqu’un qui souffre?

T’as vu la montée de lait sur l’infertilité de Geneviève Brouillette à l’émission Format familial et tu t’es dit… Tu t’es rien dit. Mais t’as répété dans ta tête : « compassion, écoute et amour », les trois seules réactions souhaitées, lors d’un face à face avec la souffrance d’autrui. Dixit la belle Geneviève.

Compassion.

Comme dans « Notre-Dame-de-la-Compassion priez pour les âmes du purgatoire »? Eh oui, comme dans ces vieilles affaires-là.

L’infertilité est un purgatoire. Le cancer, la faillite financière, pis les peines d’amour aussi. Le purgatoire, on sait. Mais la compassion, on l’a laissée dans le fond d’un tiroir, avec les médailles religieuses de notre grand-mère. Pis toi, les médailles, tu ne sais pas comment ça marche. Idem pour moi.

Par contre, je sais que le Frère André en a planté une sur le Mont-Royal et qu’un gros champignon a fini par pousser. Plus de 2 millions de personnes vont le voir chaque année.

Des médailles, nous, on en n’a pas. Mais de la compassion, si on gratte un peu, on peut en trouver. À force de gratter, j’ai découvert l’auteur Matthieu Ricard, un moine bouddhiste d’origine française, qui a consacré sa vie à la compassion.

Imagine. Le gars termine son doctorat en génétique cellulaire et part en voyage au Tibet. Pas de veine pour ses parents, il rencontre un maître de la lignée bouddhiste Rinpoché —les Rinpoché, c’est comme la crème brûlée des desserts en matière de sagesse. Fasciné, il quitte tout pour vivre là-bas. Il se rase le crâne, enfile une robe rouge et médite à temps plein. Tu te vois, toi, annoncer un truc pareil à tes parents? Son père était philosophe. Ceci explique peut-être cela.

Toujours est-il que Matthieu Ricard raconte que l’empathie est une capacité à entrer en résonance émotionnelle avec l’autre. Par exemple, si une amie me parle de son problème d’infertilité, de son cancer ou du handicap de son enfant, je suis triste pour elle. Vraiment triste.

Mais si je laisse l’empathie à elle-même, elle me mènera directement au burnout. Pour frapper un mur, rien de mieux, selon Matthieu Ricard, que de ressentir la souffrance de l’autre sans pouvoir la soulager. Une dépression par empathie, ça te dit quelque chose? Dans le genre, c’est ta mère ou ton amie qui a le cancer, mais c’est toi qui tombe. Parfois, ton impuissance devant la souffrance de l’autre est si insupportable, que tu choisis de sauver ta peau. Tu fuis. Hasta la vista, baby!

L’empathie, je vois ça comme un détecteur de fumée. Le feu prend, il sonne. Bip! Bip! Bip! Mon amie infertile souffre. Je le sais, puisque je souffre moi aussi. Si je ne fais rien, je vais y passer avec elle. Il faut vite apaiser la douleur que je ressens. Comment? Avec de la compassion, c’est-à-dire une réaction de solidarité émotionnelle et/ou active. Pis la solidarité, c’est une affaire d’engagement et d’interdépendance. « T’as mal, j’ai mal. Je t’aide, ça m’aide. »

Revenons à l’infertilité. Supposons que mon amie, qui essaie d’avoir un enfant depuis quatre ans, vient de faire une fausse couche.

Avant de lui dire de se tourner vers l’adoption ou que la prochaine fois sera la bonne, j’essaie de me mettre à sa place. Je réalise alors que j’ai déjà rêvé d’être enceinte. Pas d’avoir un enfant, d’être enceinte. Je m’imaginais, avec mon gros ventre, porter des vêtements de maternité, suivre des cours d’aquaforme et sentir bébé bouger. J’allais vivre un accouchement merveilleux. Mon accouchement.

Bon. Ça ne s’est pas passé comme ça, mais tu comprends l’idée.

Eh bien, tout ça, mon amie ne le vivra pas. Être solidaire, c’est essayer de comprendre son deuil de grossesse. L’empathie me ferait brailler avec elle ou dire quelque chose comme: «je ne sais pas comment tu fais. Moi, je ne serais pas capable ». La compassion me ferait plutôt dire:  « Je t’aime. Je te comprends. Je suis là ». Elle me porterait à écouter. Surtout à écouter.

Planter des médailles de Saint-Joseph, c’est pas mon truc. Mais cueillir un beau bouquet de fleurs et le livrer à une amie, en lui disant: « Je suis avec toi dans ce moment difficile », ça je peux.

Et c’est réconfortant. Autant pour elle que pour moi.

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À mon amie qui n’a pas d’enfant

Parce que je t’aime et que tu me donnes des conseils sur l’éducation de mes enfants, je me permets de t’en donner quelques-uns à mon tour.

Prends un congé de maternité. Les congés de maternité ne sont pas des vacances. Mais ce que les mères ne disent pas, c’est qu’ils nous permettent de couper les ponts avec la réalité connue. Un an sans collègues, sans uniforme ou tailleur, un nouveau réseau de mamans, du temps pour jaser avec nos voisins, lire des polars ou des livres de développement personnel, suivre des cours de yoga, d’aquaforme ou de cardio-poussette, ça nous propulse là où l’on ne pensait JAMAIS aller.

Un congé de maternité pour te materner. Six mois. Un an. Décaisse tes REER ou emprunte s’il le faut. Offre-toi l’opportunité de te lancer dans ta propre quête. Fais Compostelle, suis des cours de dessin ou de couture ou ne fais rien du tout. Va voir ailleurs si tu y es!

Deviens une super-matante. Emprunte un ou des enfants et deviens une super-matante. Aime-les sans condition et sois leur alliée, quoi qu’il arrive. Transforme-toi en « matante culture », « matante flyée », « matante aventure » ou « matante granola ». Amène tes neveux et nièces, biologiques ou d’adoption, dans ton univers. Fais-leur voir le monde et ce qu’ils sont avec des yeux différents de ceux de leurs parents. Le rôle de super-matante est aussi important que celui d’une mère. Joue-le de ton mieux.

Équilibre ton travail et ta vie personnelle. La conciliation travail-famille, c’est aussi pour toi. Personne ne remarque que les dossiers atterrissent sur ton bureau, lors des congés de maternité des autres? Tu fais des heures supplémentaires parce que, de toute façon, tu n’as pas d’enfant? Fais de ta vie personnelle une priorité! Tu as des loisirs, un cercle d’amies, des neveux et nièces ou un chien à amener à la clinique. Ose en faire moins. Et si tel est ton désir, travaille quatre jours par semaine ou fais du télétravail. Tu y as droit, toi aussi.

Ne te justifie jamais. Si ta vie te comble, tu cesseras de te justifier. Quand on se sent toujours jugée, attaquée ou incomprise, c’est qu’on n’est pas heureuse. Tu n’as pas à expliquer les raisons qui font que tu n’as pas d’enfant. Que ce soit voulu ou non. On me demande régulièrement pourquoi j’ai eu quatre filles. « Tu voulais absolument un garçon? La dernière est un accident? La contraception, tu ne connais pas ça? » Je réponds, souriante, que je voulais une grosse famille, en ajoutant que je suis heureuse ainsi. Fais de même. « On n’a pas d’enfants et on très heureux comme ça. » Le bonheur, ça ne se justifie pas.

Sois fertile. La procréation, ce n’est pas tout. Il y a la fertilité d’esprit et de cœur. Cultive tes amitiés et ton bonheur et tu seras plus féconde que bien des mères. Les gens fertiles ne meurent jamais seuls, qu’ils aient des enfants ou non. Alors, quand on te dira, désolé: « Oh! Qui s’occupera de toi, quand tu seras vieille? » Dis-toi qu’on ne fait jamais d’enfants pour qu’ils changent nos couches et que les hospices sont remplis de mères abandonnées. Il y aura toujours quelqu’un pour toi, si tu as été une femme généreuse. Personne ne laisse tomber sa super-matante. Personne.

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Dialogue avec mon problème

Moi  - Mais pourquoi es-tu dans ma vie?

Problème  -Parce que tu m’as invité. Avoue que tu  m’aimes bien!

Moi  -C’est toi qui s’est invité. Et je ne t’aime pas.

Problème  -Tu as laissé ta porte ouverte, c’était invitant. Tu m’as permis d’entrer dans ta vie.

Moi  -J’ai laissé la porte ouverte, parce que j’étais distraite.

Problème  - Tu dois m’aimer. La preuve,  tu me nourris.

Moi  - Justement! Je n’en peux plus de te faire vivre! Va-t’en!

Problème  - Si tu prenais la peine de me connaître, tu réaliserais que je suis petit. Tu me nourris beaucoup trop. Si je deviens gros, c’est ta faute!

Moi  -Tout ce que je te demande, c’est de sortir de ma vie.

Problème  -Je ne suis pas ton ennemi.

Moi  -J’aimerais vraiment mieux que tu partes.

Problème  -Si je te quitte avant qu’on devienne des amis, tu auras toujours peur que je revienne.

Moi  -Je suis prête à prendre ce risque.

Problème  - En étant amis, je pourrais mieux te comprendre. Je réaliserais peut-être qu’il est mieux pour toi que je m’en aille.

Moi – Allez ouste!

Problème -Et si on se croise, tu n’aurais plus peur de moi. Tu serais capable de me saluer et peut-être même de m’accueillir quelques jours, sans trop de soucis.

Moi – Jamais!

Problème – D’accord. Je m’amuse bien, moi.

Moi – Je ne peux plus respirer, dormir et vivre sans toi. Je te déteste.

Problème – Moi aussi, je t’aime.