À mon amie qui n’a pas d’enfant

Parce que je t’aime et que tu me donnes des conseils sur l’éducation de mes enfants, je me permets de t’en donner quelques-uns à mon tour.

Prends un congé de maternité. Les congés de maternité ne sont pas des vacances. Mais ce que les mères ne disent pas, c’est qu’ils nous permettent de couper les ponts avec la réalité connue. Un an sans collègues, sans uniforme ou tailleur, un nouveau réseau de mamans, du temps pour jaser avec nos voisins, lire des polars ou des livres de développement personnel, suivre des cours de yoga, d’aquaforme ou de cardio-poussette, ça nous propulse là où l’on ne pensait JAMAIS aller.

Un congé de maternité pour te materner. Six mois. Un an. Décaisse tes REER ou emprunte s’il le faut. Offre-toi l’opportunité de te lancer dans ta propre quête. Fais Compostelle, suis des cours de dessin ou de couture ou ne fais rien du tout. Va voir ailleurs si tu y es!

Deviens une super-matante. Emprunte un ou des enfants et deviens une super-matante. Aime-les sans condition et sois leur alliée, quoi qu’il arrive. Transforme-toi en « matante culture », « matante flyée », « matante aventure » ou « matante granola ». Amène tes neveux et nièces, biologiques ou d’adoption, dans ton univers. Fais-leur voir le monde et ce qu’ils sont avec des yeux différents de ceux de leurs parents. Le rôle de super-matante est aussi important que celui d’une mère. Joue-le de ton mieux.

Équilibre ton travail et ta vie personnelle. La conciliation travail-famille, c’est aussi pour toi. Personne ne remarque que les dossiers atterrissent sur ton bureau, lors des congés de maternité des autres? Tu fais des heures supplémentaires parce que, de toute façon, tu n’as pas d’enfant? Fais de ta vie personnelle une priorité! Tu as des loisirs, un cercle d’amies, des neveux et nièces ou un chien à amener à la clinique. Ose en faire moins. Et si tel est ton désir, travaille quatre jours par semaine ou fais du télétravail. Tu y as droit, toi aussi.

Ne te justifie jamais. Si ta vie te comble, tu cesseras de te justifier. Quand on se sent toujours jugée, attaquée ou incomprise, c’est qu’on n’est pas heureuse. Tu n’as pas à expliquer les raisons qui font que tu n’as pas d’enfant. Que ce soit voulu ou non. On me demande régulièrement pourquoi j’ai eu quatre filles. « Tu voulais absolument un garçon? La dernière est un accident? La contraception, tu ne connais pas ça? » Je réponds, souriante, que je voulais une grosse famille, en ajoutant que je suis heureuse ainsi. Fais de même. « On n’a pas d’enfants et on très heureux comme ça. » Le bonheur, ça ne se justifie pas.

Sois fertile. La procréation, ce n’est pas tout. Il y a la fertilité d’esprit et de cœur. Cultive tes amitiés et ton bonheur et tu seras plus féconde que bien des mères. Les gens fertiles ne meurent jamais seuls, qu’ils aient des enfants ou non. Alors, quand on te dira, désolé: « Oh! Qui s’occupera de toi, quand tu seras vieille? » Dis-toi qu’on ne fait jamais d’enfants pour qu’ils changent nos couches et que les hospices sont remplis de mères abandonnées. Il y aura toujours quelqu’un pour toi, si tu as été une femme généreuse. Personne ne laisse tomber sa super-matante. Personne.

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9 réflexions au sujet de « À mon amie qui n’a pas d’enfant »

  1. Merci pour ce texte. Il me fait beaucoup de bien, moi qui est celle sans enfant. Celle qui s’efforce d’être la super-matante rêvée! Je le partage à toutes mes amies mamans pcq c’est ce que j’aimerais me faire dire au lieu des classiques « Tu peux dormir toi le samedi matin! » ou « Arrete d’y penser! » ;)

    Merci à vous!

    1. Moi j’ai une super-matante pour ma fille et je remercie le ciel plusieurs fois par année que ma fille ai cette personne significative dans sa vie. Je dois aussi dire qu’elle sauve la mienne par la même occasion.
      Alors merci d’être la super-matante si on ne te le dit pas :-)

  2. Magnifique texte! Merci!

    D’un super parrain heureux de l’être qui sera papa sans doute un jour, mais qui est déjà comblé par sa super fillieule. Finalement l’important c’est d’aimer.

  3. Tres belle morale que la societe devrait prendre en compte. Ce n’est pas parce que je n’ai pas d’enfant que je ne peux pas avoir des conges payés pour enfant.

  4. Texte rempli de vérités. L’Art d’être Super-Matante est une belle façon de vivre sa « fertilité », mais ne remplacera jamais le fait d’enfanter. Jamais. Et ça, c’est quelque chose qui est difficile à dire et surtout à entendre. Et effectivement tout ce que le système permet avec le fait d’être maman n’est pas accessible aux Super-Matantes. Se réinventer, mais avec ce vide puissant, est chose du domaine de l’extraordinaire.

  5. Quel beau texte! Tellement bien écrit, merci!
    Je suis une femme qui a décidé (oui, vous avez bien lu: DÉCIDÉ) de ne pas avoir d’enfant. Avoir des enfants ou non est une décision et non une obligation. Pour ma part, je suis entourée de femmes qui ne peuvent pas comprendre pourquoi j’ai pris cette décision et bien sûr, mes raisons sont privées. Je n’ai pas à me justifier à qui que ce soit et c’est ce que je réponds lorsqu’on me me demande ‘pourquoi’. Une personne a mentionné un vide extraordinaire qui semble être le résultat de ne pas avoir enfanté… je pense que cela peut arriver aux personnes qui ont voulu des enfants et qui peuvent pas en avoir. Pour moi, ce vide n’existe pas, car je ne regrette pas ma décision, même à l’âge de 52 ans. Pour ce qui est de la ‘super-matante’, et bien, cela dépend de l’environnement dans lequel on est. Je n’ai pas pu devenir cette ‘super-matante’ à cause de l’attitude négative de mes deux soeurs. C’est dommage!

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