Résumé
Si la liberté d’une société peut se mesurer à l’étalon de ce que ses artistes « se permettent » de faire, visiblement, le Québec a la chance d’être très libre. Depuis le siècle passé jusqu’à nos jours, nos caricaturistes (et même quelques-uns du reste du Canada) n’ont jamais été gênés de s’exprimer à propos d’une foule de moments marquants de notre histoire.
Nul mieux que le caricaturiste n’est capable d’infuser en une seule image l’air du temps, l’opinion publique, le ressenti d’un moment historique. Il nous fait rire, sourire et dessine parfois ce qu’on pense tout bas. Et ce, pour notre plus grand plaisir, même s’il arrive à certains d’en faire les frais, ainsi que pourraient en attester Céline Dion ou Lucien Bouchard. Mais au-delà des dessins humoristiques sur les déboires d’un stade ou sur les caprices de la météo, par exemple, le caricaturiste sait aussi nous faire réfléchir sur les grandes tragédies comme l’attaque meurtrière d’un établissement d’enseignement ou les débats de société comme ceux entourant la langue et les minorités. Parce que la caricature ne fait pas que se moquer.
Elle observe et montre, sans filtre. Compatissante. Accusatrice. Insolente.
Tristan Demers
Anne De Léan
