La Quête du sens

Thierry C. Pauchant

26,45 US$

épuisé

Résumé

Si nos organisations gagnent encore des sous, elles sont de plus en plus dépourvues de sens. Ce déficit est lié à de nombreux facteurs: situation de l’emploi, pollution industrielle, logique du ìtoujours plusî, crises majeures, surexploitation des ressources, maladies professionnelles, manque d’équité, langue de bois, absence de démocratie, fragmentation des enjeux, mal de l’âme…
Dans ce livre, onze experts en management et en psychologie ont délaissé les théories économiques habituelles et les pratiques administratives à la mode. Ils se sont plutôt inspirés d’auteurs qui ont posé avec acuité la question du sens: Martin Buber, Albert Camus, Victor Frankl, Rollo May, Carl Rogers, Paul Tillich, William Shakespeare, Marguerite Yourcenar, Simone Weil… Ce recours à la tradition existentielle permet de jeter un regard neuf et salutaire sur nos organisations ainsi que sur la vie au travail.
Des façons de faire différentes, de nouvelles façons d’être pour:
- l’exercice du pouvoir,
- le leadership,
- la supervision,
- la motivation au travail,
- le changement stratégique,
- l’efficacité organisationnelle.

Des diagnostics, souvent tabous, sur la vie organisationnelle à partir:
- d’analyses de cas et de vies,
- d’histoires, d’exemples concrets,
- d’entrevues, de dialogues,
- de recherches scientifiques.

Thierry C. Pauchant

Professeur agrégé de management à l’École des HEC de Montréal, Thierry C. Pauchant (M.Sc. Université Panthéon-Sorbonne,...

Professeur agrégé de management à l’École des HEC de Montréal, Thierry C. Pauchant (M.Sc. Université Panthéon-Sorbonne, M.B.A. UCLA, Ph.D. University...

Professeur agrégé de management à l’École des HEC de Montréal, Thierry C. Pauchant (M.Sc. Université Panthéon-Sorbonne, M.B.A. UCLA, Ph.D. University of Southern California) est...

Professeur agrégé de management à l’École des HEC de Montréal, Thierry C. Pauchant (M.Sc. Université Panthéon-Sorbonne, M.B.A. UCLA, Ph.D. University of Southern California) est également directeur adjoint du Groupe pour l’éducation et la recherche sur le management et l’écologie. Auteur de plusieurs articles et ouvrages, il agit également à titre de chercheur et de consultant...

Professeur agrégé de management à l’École des HEC de Montréal, Thierry C. Pauchant (M.Sc. Université Panthéon-Sorbonne, M.B.A. UCLA, Ph.D. University of Southern California) est également directeur adjoint du Groupe pour l’éducation et la recherche sur le management et l’écologie. Auteur de plusieurs articles et ouvrages,...

Professeur agrégé de management à l’École des HEC de Montréal, Thierry C. Pauchant (M.Sc. Université Panthéon-Sorbonne, M.B.A. UCLA, Ph.D. University of Southern California) est également directeur adjoint du Groupe pour l’éducation et la recherche sur le management et l’écologie. Auteur de plusieurs articles et ouvrages, il agit également à titre de chercheur et de consultant pour de...

Extrait

À la mémoire de ma mère.
Thierry C. Pauchant

Chapitre 1

Les réalités existentielles dans les organisations
Dans ce chapitre, je propose une définition de l’existentialisme et je montre comment la tradition existentielle permet d’apporter un éclairage nouveau sur certaines activités organisationnelles et de suggérer des stratégies d’action fort différentes de celles utilisées habituellement. Pour ce faire, je donne un bref historique de cette tradition en philosophie, en psychologie et en littérature et j’expose comment certains auteurs réputés dans la science et l’art de la gestion ont déjà utilisé ces notions existentielles dans leurs écrits.

Qu’est-ce que l’existentialisme?
Scott Peck a commencé son livre à grand succès, Le Chemin le moins fréquenté, en affirmant que «la vie est difficile». Depuis plus de 10 ans, ce livre figure chaque semaine sur la liste des best-sellers du New York Times. Les existentialistes seraient d’accord avec l’affirmation de Peck. Dans l’ensemble, ils reconnaissent à la fois la beauté et la tragédie de la vie. Selon eux, celui qu’ils appellent l’individu authentique perçoit pleinement cette dialectique de la vie.
On a souvent tendance à croire que les existentialistes présentent une philosophie exagérément morbide et pessimiste puisqu’ils reconnaissent le côté sombre de la vie. Il s’agit pourtant là d’une grande erreur et ce, pour trois raisons. Premièrement, reconnaître que la vie n’est pas faite uniquement de la recherche du plaisir immédiat, mais également de difficultés et de tragédies qui conduisent irréversiblement à la mort, est un signe de courage et de maturité, car les tragédies et la mort sont toutes deux bien réelles. En fait, le déni de ces réalités mène à des troubles mentaux et physiques chez les êtres humain et à des catastrophes écologiques dans le monde naturel. Deuxièmement, les existentialistes ne tiennent pas compte uniquement du côté noir de la vie. Ils reconnaissent également les nombreux moments de triomphe, d’expériences intenses, de joie et de transcendance qu’elle apporte. Troisièmement, les existentialistes comprennent que les bons et les mauvais côtés de la vie ne sont pas seulement des contraires. D’un point de vue existentiel et dialectique, la vie et la mort ne sont pas seulement des opposés, mais sont aussi complémentaires; chacune a besoin de l’autre pour se définir. De plus, pour les existentialistes, ces deux côtés de la vie sont le produit de chaque action créatrice. Comme l’a fort bien observé Paul Tillich:
Je suis convaincu que le caractère de la condition humaine ainsi que celui de toute vie est «l’ambiguïté»: le mélange inséparable du bien et du mal, de la vérité et du mensonge, des forces créatives et destructrices – individuelles ou sociales Celui qui n’est pas conscient de l’ambiguïté de sa perfection en tant que personne et dans son travail n’est pas encore mature; et une nation qui n’est pas consciente de l’ambiguïté de sa grandeur manque également de maturité.
À mes yeux, le terme existentialisme renvoie principalement et simplement à une façon courageuse de prendre la vie à pleines mains, une acceptation des côtés tragiques et magiques de la vie, une volonté de regarder la vie et la mort en face. Globalement, les existentialistes se préoccupent de l’expérience concrète de la condition humaine. Ils étudient des sujets comme la vie, la mort, la responsabilité, le sens, la solitude, le désespoir, la tragédie, l’anxiété, la joie, l’amour, la transcendance et la spiritualité. Ces sujets sont souvent absents des salles de conseil d’administration ou des écoles de commerce. En règle générale, le désir de prendre la vie à pleines mains semble avoir disparu de la plupart des organisations et du milieu du travail en général. De nos jours, les cadres et les autres employés préfèrent généralement parler de leur plan de carrière, de leurs innovations commercialisables, de leur régime de retraite ou de la nécessité d’élaborer des avantages stratégiques afin d’aspirer à des récompenses financières, à la réussite, à la sécurité, au pouvoir, au statut, à la notoriété. Souvent, si des discussions plus existentielles font surface, elles prennent place dans des bureaux à porte fermée, comme si elles devaient être cachées, comme si elles n’étaient pas parties prenantes de la vie organisationnelle.
Parce que la tradition existentielle est liée à une reconnaissance profonde de la vie et de la mort, elle pourrait être fort utile à la théorie et à la pratique de la gestion. En premier, l’usage de cette tradition permet un éclairage nouveau de certaines activités organisationnelles qui, sans elle, restent incompréhensibles. Comme nous le verrons dans cet ouvrage, l’emploi de la perspective existentielle permet une compréhension différente de la finalité du travail et des organisations. En second, l’usage de cette tradition permet de déterminer de nouvelles stratégies et de nouvelles façons de faire et façons d’être afin de répondre aux différentes crises qu’affrontent actuellement les personnes, nos organisations, nos sociétés et la nature.
Les existentialistes ne proposent pas de résoudre une fois pour toutes les questions fondamentales de la condition humaine. Ils proposent plutôt que ces questions font partie de cette condition humaine, et qu’on doit les reconnaître et s’employer à les affronter pendant toute la durée de la vie. Par contre, si les existentialistes se refusent d’entretenir le mythe que des solutions «magiques» sont possibles – un mythe particulièrement renforcé de nos jours dans les écoles de commerce et les livres populaires en gestion – ils proposent un certain nombre d’actions très concrètes que les individus «authentiques» peuvent utiliser dans le but de redécouvrir un sens personnel et organisationnel. Ces actions diffèrent souvent beaucoup de celles que l’on recommande dans les manuels de gestion traditionnels, dans lesquels on met l’accent sur la prétendue «excellence», les innovations constantes, les avantages concurrentiels, les stratégies de changement radical, les activités de mobilisation du personnel, la recherche de la qualité totale et les stratégies de réingénierie.
Dans le présent ouvrage, l’expression «l’existentialisme dans les organisations» ne signifie pas qu’une organisation peut avoir un sens de l’expérience. Les organisations ne ressentent rien. C’est là une prérogative des êtres humains. Le domaine de l’existentialisme en organisation vise donc à mieux comprendre les expériences subjectives et les actions concrètes des personnes qui travaillent dans des organisations – privées ou publiques – ou qui interagissent avec elles, et il propose diverses façons d’aborder des questions fondamentales liées à l’activité des organisations.

Thèmes et genres
ISBN 978-2-8903-7873-5
Date de parution 1996-06-10
Nombre de pages 360 p.
Dimensions 14,0 cm x 21,6 cm

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