Évangéline : Contes d’Amérique

Joseph Yvon Thériault

26,49 US$

Résumé

Qui est Évangéline ? L’héroïne d’un poème de Henry Wadsworth Longfellow, imaginée pour incarner les idéaux d’une Amérique en train de se définir ? Une référence identitaire, muse de la renaissance acadienne ? Un symbole rassembleur des racines des Cadiens de la Louisiane ? 

La réponse, constate le sociologue Joseph Yvon Thériault, n’a cessé d’évoluer et se trouve aujourd’hui quelque part entre poésie et histoire. 

Avec Évangéline : Contes d’Amérique, l’auteur explore la naissance et le déploiement de ces trois récits de société, ainsi que le rôle qu’y a joué Évangéline sous ses différentes incarnations. Au ?fil des différentes parties du livre, le lecteur est ainsi amené à rencontrer « Évangéline l’Américaine», « Évangéline l’Acadienne », « Évangéline la Cadienne », héroïnes de trois récits tirant leur source du même conte, Evangeline a Tale of Acadie, relu et réinterprété, voire renié, au gré des traductions et des adaptations successives.

Une quatrième partie, « Évangéline postmoderne », s’intéresse à l’avenir d’Évangéline : ces trois contes seraient-ils en voie de se fusionner ? Les identités distinctes survivront-elles à la mondialisation ? 

C’est à une histoire de l’Amérique du Nord, à travers la voix et le regard d’Évangéline, que ce livre vous convie. Une histoire qui débute à l’aube du XVII????e siècle, sur les côtes de l’Atlantique Nord, avec l’arrivée des premiers colons européens en Acadie française et en Nouvelle-Angleterre, et qui se poursuit jusqu’à la célébration contemporaine de l’Amérique plurielle.

Joseph Yvon Thériault

Joseph Yvon Thériault étudie depuis plus de trente ans les enjeux de la mémoire et des identités collectives dans les...

Joseph Yvon Thériault étudie depuis plus de trente ans les enjeux de la mémoire et des identités collectives dans les sociétés traversées par...

Joseph Yvon Thériault étudie depuis plus de trente ans les enjeux de la mémoire et des identités collectives dans les sociétés traversées par l’individualisme démocratique, avec...

Joseph Yvon Thériault étudie depuis plus de trente ans les enjeux de la mémoire et des identités collectives dans les sociétés traversées par l’individualisme démocratique, avec un intérêt particulier pour les francophonies d’Amérique. Il est l’auteur notamment de l’Identité à l’épreuve de la modernité (1995) et de Critique de l’américanité : mémoire et démocratie ...

Joseph Yvon Thériault étudie depuis plus de trente ans les enjeux de la mémoire et des identités collectives dans les sociétés traversées par l’individualisme démocratique, avec un intérêt particulier pour les francophonies d’Amérique. Il est l’auteur notamment de l’Identité à l’épreuve de la modernité (1995) et...

Joseph Yvon Thériault étudie depuis plus de trente ans les enjeux de la mémoire et des identités collectives dans les sociétés traversées par l’individualisme démocratique, avec un intérêt particulier pour les francophonies d’Amérique. Il est l’auteur notamment de l’Identité à l’épreuve de la modernité (1995) et de Critique de l’américanité : mémoire et démocratie au Québec...

Extrait

Les récits des sociétés modernes sont particuliers. Ils doivent se confronter à l’histoire. Déjà, dans l’Antiquité grecque, Aristote distinguait, dans Poétique, poésie et histoire. La poésie fabrique du nouveau, pensait-il, elle dit ce qui devrait être en fonction de la nécessité, ses affirmations sont plus générales, de l’ordre de la vraisemblance. Au contraire, l’histoire s’intéresse à ce qui est fabriqué, elle dit ce qui est peu importe la nécessité, ses affirmations sont plus précises, elle recherche le vrai. Aristote préférait la poésie à l’histoire, il préférait le conteur au savant. On a longtemps opposé ces deux ordres de fait. Comme la modernité a vu s’imposer le récit historique, le conteur doit dorénavant s’appuyer sur l’histoire. Aujourd’hui, plusieurs voudraient que l’histoire se détache complètement du conteur, abolissant pour ainsi dire le récit. Mais c’est chose impossible en soi, les choses fabriquées n’ont pas de significations sans un conteur, sans qu’elles soient inscrites dans une narration. Ce qui ne veut pas dire que la vérité historique disparaît du récit. Ce qui distingue le récit moderne du récit ancien, c’est justement qu’il est dorénavant contraint de s’écrire à l’aune de l’histoire, c’est que poésie et histoire s’entremêlent, tout en s’opposant. Longfellow a effectué des recherches historiques pour écrire l’idylle d’Évangéline, et, dès sa publication, l’œuvre fut au cœur d’une polémique entre poésie et histoire.

J’ai pleinement voulu assumer cette difficile tension entre poésie et histoire propre au récit moderne. J’ai voulu écrire un récit, voire trois. J’ai voulu conserver le ton du récit. Après ces quelques éclaircissements, ce livre ne comprend pas de longs passages théoriques comme le voudrait un travail savant. […]

J’ai surtout, dans l’écriture de ce livre, voulu éviter des pièges, pièges que je crois récurrents dans les sciences sociales contemporaines. Nous savons tous aujourd’hui que les sociétés sont des choses construites, que les traditions sont inventées. Plusieurs, en raison de cela, concluent que la société est un « pieux mensonge », un « fakelore » comme le diront les historiens cadiens, qu’il ne reste plus aux sciences sociales que de démasquer l’imposteur, déconstruire le récit. Ma démarche ne vise justement pas à déconstruire le récit mais à voir comment le récit se construit, participe à créer un monde de sens, à mettre en forme, à faire société à partir de l’infinie pluralité humaine. Il n’existe pas de sociétés sans conteurs, et pas d’humanité sans sociétés.

ISBN
Date de parution
Nombre de pages 400 p.
Dimensions 6,0 cm x 9,0 cm

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