Guilhèm ou les Enfances d’un chevalier

Maryse Rouy

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Résumé

• La suite d’Azalaïs ou la Vie courtoise publié en 1995 qui fut acclamé par la critique.
• Le roman se lit indépendamment du premier. C’est une suite autonome.
• Un roman historique grand public de facture raffinée qui plaira aux amateurs du genre.
• Un récit plein de sensibilité et de rebondissements qui nous fait découvrir de l’intérieur la vie des petites seigneuries dans le sud de la France.
• De superbes tableaux de la vie quotidienne de l’époque.
• La relation d’une mère et d’un fils dans une autre époque.
Nous sommes au XIIe siècle, en Comminges, dans le sud de la France. La seigneurie de la Moure est dirigée par Azalaïs, jeune veuve qui vient de se marier en deuxièmes noces avec Arnaut, chevalier et troubadour qui s’était retiré dans la vie monastique. Azalaïs a deux enfants : Guilhèm, âgé d’une dizaine d’années et Jeanne, un bébé en bas-âge.
Le jeune Guilhèm, au tempérament fougueux et impulsif, s’accommode mal du remariage de sa mère. Mais il n’aura pas à subir longtemps la présence de son beau-père car on l’enverra parfaire son éducation à la cour de Bernart de Comminges, où il restera plusieurs années. Accompagné de François, son fidèle serviteur et ami, Guilhèm fera l’apprentissage de la vie d’homme et de chevalier : entraînement physique, tournois, initiation à la poésie et à l’amour, vie de groupe, notre héros traversera plusieurs épreuves avant de prendre la relève de sa mère comme chef de la seigneurie.
Pendant que nous suivons les étapes de vie de Guilhèm, nous assistons au destin des jeunes filles de la seigneurie : Brunemarthe, la promise de Guilhèm, Marie sa demi-soeur, Jeanne sa soeur ainsi que les suivantes du château. Nous cheminons aussi avec Azalaïs, dans ses efforts pour retrouver le lien passionné qui l’unissait à Arnaut jadis… Amours, jalousies, espoirs, intrigues sèmeront le parcours de ces femmes d’autrefois que l’écriture sensible de Maryse Rouy nous rend proches et familières.

Maryse Rouy

Après avoir longtemps conjugué l’enseignement et l’écriture romanesque, Maryse Rouy se consacre aujourd’hui...

Après avoir longtemps conjugué l’enseignement et l’écriture romanesque, Maryse Rouy se consacre aujourd’hui exclusivement à son métier de...

Après avoir longtemps conjugué l’enseignement et l’écriture romanesque, Maryse Rouy se consacre aujourd’hui exclusivement à son métier de romancière, ce qui réjouira tous ceux...

Après avoir longtemps conjugué l’enseignement et l’écriture romanesque, Maryse Rouy se consacre aujourd’hui exclusivement à son métier de romancière, ce qui réjouira tous ceux qui ont lu ses grands romans historiques, notamment Azalaïs ou la Vie courtoise, Mary l’Irlandaise et Au nom de Compostelle. Avec la tétralogie Une jeune femme en guerre, l’auteure nous offre une œuvre...

Après avoir longtemps conjugué l’enseignement et l’écriture romanesque, Maryse Rouy se consacre aujourd’hui exclusivement à son métier de romancière, ce qui réjouira tous ceux qui ont lu ses grands romans historiques, notamment Azalaïs ou la Vie courtoise, Mary l’Irlandaise et Au nom de Compostelle. Avec la tétralogie ...

Après avoir longtemps conjugué l’enseignement et l’écriture romanesque, Maryse Rouy se consacre aujourd’hui exclusivement à son métier de romancière, ce qui réjouira tous ceux qui ont lu ses grands romans historiques, notamment Azalaïs ou la Vie courtoise, Mary l’Irlandaise et Au nom de Compostelle. Avec la tétralogie Une jeune femme en guerre, l’auteure nous offre une œuvre poignante...

Extrait

Quascus plor e planh son dampnatge,
sa malenans’e sa dolor;
mas yeu, las! n’ai e mon coratge
tan gran ir’e tan gran tristor…

«Chacun pleure et se lamente du dommage qu’il a subi,
de son malheur et de sa douleur;
mais moi, hélas! j’ai dans mon cœur
une colère si grande et une si grande tristesse.»
Guilhem Augier Novella.

Chapitre 1

Guilhèm se dressa de toute sa morgue de jeune coq, planta son regard dans celui de son beau-père et dit sauvagement :
— Jamais tu ne remplaceras mon père!
La main d’Azalaïs, comme si elle était mue par une volonté propre, s’abattit violemment sur la joue du garçon. Il ne broncha pas. Ne répliqua pas. Il n’aurait pas osé s’élever contre sa mère. Pas encore. Tandis que sur son visage apparaissait la marque des doigts maternels, il attendait, les yeux étincelants de rage. Azalaïs lui dit, d’une voix que la colère faisait un peu trembler:
— Va à la chapelle, prie, repens-toi!
Il s’éloigna, digne et méprisant, et dans le cœur de la châtelaine, la fierté se mêla au ressentiment. Le vieux Guilhèm posa la main sur le bras de sa nièce, dans un geste pacificateur, et prononça des paroles d’apaisement:
— Il va se calmer. Calme-toi aussi. Il attendait le retour de son père depuis des mois. Il lui était très attaché, tu sais, et le choc a été rude.
Après un sourire de reconnaissance à l’Ancien, Azalaïs se tourna vers l’homme, debout à côté d’elle, qui n’était pas intervenu, n’avait pas réagi à la provocation, et l’admira pour sa maîtrise et sa sagesse. Il n’avait rien compromis: il était encore possible d’arranger les choses. Il la considérait avec un peu de pitié et serra sa main tendrement, pour l’encourager lui aussi. Cet affrontement, qu’elle n’avait pas voulu prévoir, elle le redoutait inconsciemment depuis Poitiers. Son anxiété, plus intense à mesure qu’elle approchait du but du voyage, n’avait pas d’autre cause, elle le comprenait maintenant. L’enfant était violent, emporté, entier dans ses haines comme dans ses affections: il ne serait pas facile de l’amadouer.

Cependant que sa mère se détournait de lui, Guilhèm se dirigea ostensiblement vers la chapelle d’un pas mesuré. Dès qu’il fut hors de vue, il obliqua vers la basse-cour et se mit à courir en bousculant rageusement tout ce qui se trouvait sur son passage. Il décocha un coup de pied au jars qui prétendait le poursuivre et, indifférent à ses protestations criailleuses, s’en fut derrière l’appentis du forgeron et siffla entre deux doigts: aussitôt une bande de galopins dépenaillés accourut, provenant qui des écuries, qui des cuisines, qui du potager. Ils l’entourèrent, dociles à l’appel du chef. François, son second, se plaça à côté de lui, aussi respectueux que ses compagnons, mais visiblement moins craintif. Guilhèm leur parla de l’Autre, dont tous avaient appris le statut, et leur ordonna de le surveiller à chaque instant pour lui faire un rapport quotidien:
— Un jour, il fera bien une imprudence, dit-il, l’œil allumé de vindicte.
Munis de la consigne, les garçons s’éparpillèrent et Guilhèm se rendit à la chapelle où son vieil oncle ne manquerait pas d’aller le rejoindre. Il savait qu’il le comprendrait et le soutiendrait contre l’intrus qu’Elle lui avait imposé. Il vouait à sa mère une telle rancune qu’il ne voulait plus la nommer, dans sa tête, à l’aide des mots tendres dont il usait autrefois et qu’il réservait maintenant aux moments d’émotion et à la période vulnérable où, le sommeil étant sur le point de le prendre, ses défenses tombaient et le souvenir d’une main douce sur le front devenait précieux. Mais elle avait tout gâché. Il ne souhaitait qu’entretenir sa haine et sa colère, se venger de l’humiliation de la gifle reçue, évincer l’Autre qui avait usurpé la place de son père. Il y songea un moment, se délecta à imaginer des sévices spectaculaires, commença de s’ennuyer, puis finit par s’endormir sur les dalles froides de la chapelle déserte.

Thèmes et genres
ISBN
Date de parution
Nombre de pages 336 p.
Dimensions 15,3 cm x 23,0 cm

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