La Vie aux enchères

Raphaël Korn-Adler

18,70 US$

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épuisé

Résumé

• Un roman-documentaire fascinant sur un sujet d’actualité choc : le trafic d’organes humains entre l’Amérique latine et l’Europe.
• Un thriller d’une grande efficacité, une véritable fresque contemporaine qui va du Brésil à la Belgique, en passant par le Mexique et l’Allemagne.
• Une écriture évocatrice, un récit extrêmement bien maîtrisé, sensible et émouvant.
La Vie aux enchères est un thriller fascinant, habité tantôt de personnages pervers et cruels, tantôt de véritables missionnaires qui se dévouent corps et âme pour que cessent ces activités d’une cruauté indescriptible.
Chirurgien en chef du service de néphrologie d’un hôpital de Rio de Janeiro et spécialiste en transplantation rénale, Forget se sent impuissant à soulager une humanité souffrante et misérable dans un pays où la pauvreté, la violence et la corruption règnent en maîtresses. Son enthousiasme et ses illusions de jeune médecin l’ont depuis longtemps quitté, écrasés sous une montagne de paperasse.
Depuis quelques années, le nombre de disparitions d’enfants des favelas signalées au Brésil augmente sans cesse. Lorsque l’inspecteur Falcucci, le responsable du département des personnes disparues de la police fédérale, apprend que Forget doit représenter son pays à un important congrès international à Bruxelles, il fait appel à ce dernier pour l’aider à résoudre le mystère. Le sujet du congrès : la transplantation d’organes. Sa mission : porter une attention particulière aux spécialistes qui pourraient se vanter d’avoir pratiqué un nombre anormalement élevé de greffes, compte tenu de la pénurie de donneurs.
Débute alors, pour les deux hommes, un véritable voyage en enfer où ils découvriront un important réseau international de trafic d’organes humains, bien organisé et soutenu par les gouvernements. Misère des bidonvilles et des campagnes, corruption policière et politique, gains faciles, racisme et religion se mélangent à la froideur et au manque d’éthique des médecins et transforment l’ars curandi en cauchemar.

Raphaël Korn-Adler

Établi au Brésil depuis 30 ans, le Dr Raphaël Korn-Adler a été, durant 25 ans, chef du département de neurologie d’un...

Établi au Brésil depuis 30 ans, le Dr Raphaël Korn-Adler a été, durant 25 ans, chef du département de neurologie d’un hôpital de Rio de Janeiro....

Établi au Brésil depuis 30 ans, le Dr Raphaël Korn-Adler a été, durant 25 ans, chef du département de neurologie d’un hôpital de Rio de Janeiro. Depuis 5 ans, il pratique la...

Établi au Brésil depuis 30 ans, le Dr Raphaël Korn-Adler a été, durant 25 ans, chef du département de neurologie d’un hôpital de Rio de Janeiro. Depuis 5 ans, il pratique la neurologie dans un hôpital d’Alfenas, petite ville brésilienne de 30 000 habitants. Durant toutes ces années de pratique, le Dr Korn-Adler a côtoyé, d’une part, des médecins peu scrupuleux prêts à...

Établi au Brésil depuis 30 ans, le Dr Raphaël Korn-Adler a été, durant 25 ans, chef du département de neurologie d’un hôpital de Rio de Janeiro. Depuis 5 ans, il pratique la neurologie dans un hôpital d’Alfenas, petite ville brésilienne de 30 000 habitants. Durant toutes ces années de pratique, le Dr Korn-Adler a côtoyé,...

Établi au Brésil depuis 30 ans, le Dr Raphaël Korn-Adler a été, durant 25 ans, chef du département de neurologie d’un hôpital de Rio de Janeiro. Depuis 5 ans, il pratique la neurologie dans un hôpital d’Alfenas, petite ville brésilienne de 30 000 habitants. Durant toutes ces années de pratique, le Dr Korn-Adler a côtoyé, d’une part, des médecins peu scrupuleux prêts à n’importe quoi...

Extrait

«C’est la vie qui est absence de mort et non l’inverse.» Louis-Vincent Thomas, Le Cadavre

«Tandis que, semblable à la houle de l’océan, toutes les productions du passé
montaient et descendaient ensemble, comme d’un commun accord et sans se
disjoindre — le savoir produisait le bien, qui produisait le beau, tandis que le sacré
illuminait toute chose —, voici devant nous ce qu’on n’avait en effet jamais vu:
l’explosion scientifique et la ruine de l’homme. Voici la nouvelle barbarie dont il
n’est pas sûr cette fois qu’elle puisse être surmontée.»

Michel Henry, La Barbarie

Araï,
sois remerciée
pour me montrer, jour après jour,
comment vaincre
les démons qui me hantent.

Chapitre 1

Le cargo poussif venait de faire un long détour et fendait maintenant les vagues de l’Atlantique. Le trajet de Cartagena à Charleston passe normalement par le canal du Yucatán, puis il contourne l’extrémité nord de Cuba pour remonter finalement le long de la côte est des États-Unis jusqu’à la Caroline du Sud. Le capitaine Harados, de la marine marchande colombienne, avait choisi une autre route, plus longue mais moins sujette à la vigilance des garde-côtes américains. Le bâtiment, à peine sorti du port, avait mis le cap au nord et franchi le détroit de la Jamaïque. Il avait ensuite navigué avec prudence entre Cuba et Haïti et contourné Grande Inagua pour déboucher finalement sur l’océan en laissant derrière lui les îles Caicos. Jusqu’au vingt-septième parallèle, les Grandes Bahamas protégèrent le navire et, mis à part un gros voilier de plaisance entrevu au large d’Eleuthera, le San Felipe filait de toute la puissance de ses vieilles machines sur une mer déserte. Quelques centaines de sacs de café s’entassaient dans les cales du rafiot et, dans une cloison adroitement camouflée, deux tonnes de pâte de cocaïne allaient bientôt réjouir les consommateurs du monde industrialisé.
Debout sur le pont de commande, Harados appréciait la beauté de la nuit tropicale. La mer était calme et l’air tiède. Le ciel sans nuages débordait d’étoiles. Les bips réguliers du sonar se superposaient au bourdonnement lointain et étouffé des moteurs et au clapotis des eaux qui frappaient les flancs du bateau. Le capitaine songeait à sa retraite. La petite île des Caraïbes était chaque jour un peu plus à sa portée. Encore deux ou trois voyages et l’argent accumulé serait suffisant pour lui garantir un avenir de sable doré, de cocotiers, de bière fraîche et de filles consentantes, aux seins lourds et à la peau brune. Nuit parfaite, organisation parfaite, jamais le moindre pépin. Le visage de l’homme à la barre s’était pétrifié dans l’observation de l’obscurité. On aurait dit la figure, sculptée dans le granit, d’un dieu inca, posée sur la mouvante surface d’un univers liquide. Pas de problème non plus du côté de l’équipage, pensa le capitaine. Celui-ci était aussi sûr qu’inoffensif. À part lui, seul son second connaissait la nature exacte de ce qu’ils transportaient. Tous les autres n’étaient que de simples marins colombiens et panaméens trop heureux d’avoir décroché un travail bien payé.
Ses pensées furent brutalement interrompues quand un éblouissant faisceau de lumière inonda la timonerie et tout le château arrière. Un garde-côte, tous feux éteints, naviguait sans doute depuis plusieurs minutes sur sa gauche et les douaniers avaient eu le temps d’examiner son bateau de la proue à la poupe. Harados dut se contenir pour ne pas étrangler le marin qui, imperturbable, maintenait le cap. Le radar, qui aurait dû repérer l’approche du petit vaisseau, exhibait un écran noir, éteint. Une courte rafale de mitraillette claqua près du mât de charge. Le capitaine vit les courtes flammes qui jaillissaient du canon d’une arme et perçut un fugitif bruit de verre brisé quand la gamelle vola en éclats. Le silence et l’obscurité retombèrent tout aussi soudainement qu’ils avaient été violés. Harados scruta la nuit, mais sa position ne lui permettait pas d’apercevoir l’embarcation américaine. Il ordonna un brusque changement de direction, même en sachant la manœuvre inutile: le radar de son adversaire ne chômait pas et ne lâcherait pas sa proie. Sa seule chance était de rejoindre les eaux internationales encore toutes proches. La lumière revint subitement mais d’en haut, cette fois, accompagnée du ouap-ouap caractéristique d’un hélicoptère. Un violent coup de vent balaya le pont et une voix amplifiée leur ordonna d’arrêter immédiatement les machines et de déposer les armes. Harados entrevit la silhouette de son second braquant sa kalachnikov vers l’aveuglante lumière qui tombait du ciel. Il n’eut pas le temps de s’en servir. Plusieurs balles de gros calibre lui déchiquetèrent le thorax et le projetèrent en arrière, contre le bastingage où il s’affaissa comme un pantin désarticulé. Harados ouvrit la porte et sortit sur la passerelle, les mains croisées derrière la nuque, sous le regard ahuri du pilote. Le Grand Cayman, la maison blanche face à la mer, la bière fraîche et les filles aux gros seins s’éloignèrent soudain de lui à toute vitesse.
Habituée à ce genre de fouille, la police maritime ne mit pas longtemps à découvrir la drogue. Par contre, le douanier qui pénétra dans la cabine numéro deux, réservée à d’éventuels passagers, fut très surpris d’y trouver deux enfants profondément endormis, deux mongoliens brésiliens qui devaient être adoptés par une famille texane.

Thèmes et genres
ISBN 978-2-8903-7922-0
Date de parution 1997-11-03
Nombre de pages 480 p.
Dimensions 14,0 cm x 21,6 cm

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