Tout l’été, l’éternité

Denis Pelletier

14,95 US$

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épuisé

Résumé

• Un roman dans lequel le désir de dépassement devient peu à peu l’expérience d’être dépassé, d’être étonné et d’être rattaché à plus grand que soi.
• Une quête d’une exigence extrême, celle de l’inspiration et, mieux encore, celle d’une vie inspirée.
Onze ans déjà qu’il a laissé l’enseignement pour s’adonner à l’écriture, sa passion. Julien Bernard, l’écrivain, a connu un certain succès mais il doute aujourd’hui d’avoir fait le bon choix. Le prix à payer est élevé : une vie frugale pour ne pas dire monastique avec toujours dans sa chair un fond d’ennui qui lui pèse.
Julien Bernard, l’homme, n’est pas loin d’un constat d’échec. Marié deux fois, il a quitté sa première femme pour se sentir libre. La seconde, ce n’est pas lui, c’est elle qui a mis fin à la relation. Quant à son fils et à sa fille, il les voit très peu puisqu’ils vivent à l’étranger. Bref, il est seul. Heureusement que, pas loin de chez lui, dans le Vieux-Québec, rue Saint-Paul, se trouve son ami Jean-Claude, antiquaire.
En vérité, Julien Bernard est devenu un écrivain désabusé, en panne d’inspiration depuis belle lurette, en attente désespérée d’un sujet coup de cœur. C’est justement pour s’en plaindre qu’il est allé voir son éditeur montréalais. Ils ont passé la soirée ensemble dans un petit resto sympathique. Ils ont trinqué à leur cinquantaine. Julien regagne Québec. Il roule sur la Transcanadienne. Presque minuit. Il a failli tout à l’heure s’endormir au volant. Il somnole à nouveau. Cette fois, un bruit infernal le sort de sa torpeur. À cet instant même, sa vie bascule.

Denis Pelletier

Professeur aux sciences de l’éducation à l’Université Laval de 1966 à 1996, Denis Pelletier a œuvré dans le domaine de...

Professeur aux sciences de l’éducation à l’Université Laval de 1966 à 1996, Denis Pelletier a œuvré dans le domaine de la psychologie humaniste et du...

Professeur aux sciences de l’éducation à l’Université Laval de 1966 à 1996, Denis Pelletier a œuvré dans le domaine de la psychologie humaniste et du développement de carrière....

Professeur aux sciences de l’éducation à l’Université Laval de 1966 à 1996, Denis Pelletier a œuvré dans le domaine de la psychologie humaniste et du développement de carrière. Il a publié de nombreux ouvrages à caractère didactique qui lui ont valu d’être invité dans plusieurs universités francophones. Président des Éditions Septembre, il est connu comme l’auteur de deux...

Professeur aux sciences de l’éducation à l’Université Laval de 1966 à 1996, Denis Pelletier a œuvré dans le domaine de la psychologie humaniste et du développement de carrière. Il a publié de nombreux ouvrages à caractère didactique qui lui ont valu d’être invité dans plusieurs universités francophones. Président des...

Professeur aux sciences de l’éducation à l’Université Laval de 1966 à 1996, Denis Pelletier a œuvré dans le domaine de la psychologie humaniste et du développement de carrière. Il a publié de nombreux ouvrages à caractère didactique qui lui ont valu d’être invité dans plusieurs universités francophones. Président des Éditions Septembre, il est connu comme l’auteur de deux essais...

Extrait

entre mourir ou écrire
celui qui écrit s’en va
plus loin que soi.

Christian Bobin La part maquante

Chapitre I

Le don de la légèreté
Minuit moins vingt. Pourquoi cette résolution de rentrer chez lui alors que personne ne l’attend? Il lui suffirait de tourner à droite et d’emprunter le chemin qui longe la Richelieu. Il se rendrait à l’auberge de la Demi-lune et pourrait dormir.
Non, aussi bien poursuivre. La route lui appartient, n’est faite que pour lui; sensation unique, n’avoir la route que pour soi, quelques rares dépassements, des automobilistes qui, comme lui, s’enfoncent dans cette nuit de mai. Les roues arrachent au pavé sec un bruissement continu et rassurant. De chaque côté, seulement du noir, du noir à perdre la vue et devant lui des lignes pointillées, des points qui font une histoire à suivre…
Quand on lui demande ce qu’il est ou ce qu’il fait, il répond: écrivain. Pour Julien Bernard, le métier d’écrivain est toute sa vie, et rien d’autre, rien que l’écriture. Aussi quelle anxiété que la sienne quand il ne trouve rien à écrire. En panne sèche. Depuis quatre ans, un vide qu’il remplit du mieux qu’il peut: une chronique de littérature étrangère dans le mensuel Graffiti, des conférences à donner dans le réseau des collèges et surtout – ce qui l’a occupé beaucoup l’an passé – la scénarisation de son Photographe.
Manie d’écrivain que le maniement des mots. Julien roule-t-il sur la transcanadienne? la «transe canadienne», se dit-il, est un état second entre Montréal et Québec quand on roule la nuit dans le fixe du dormir. Il n’a pas perdu la main. La petite trouvaille le rassure.
C’est justement pour être rassuré que Julien vient de passer la soirée avec Jean-François, son éditeur. Ils sont devenus de bonnes connaissances. Même plus. Ils ont besoin l’un de l’autre mais davantage Julien dont la demande s’avère toujours affective: il me semble que ta maison pourrait faire plus pour mon livre; tu ne crois pas qu’avec une meilleure publicité, il passerait mieux; fais-moi le plaisir d’une belle page couverture; et sa traduction en anglais, elle vient? et que dirais-tu de mettre mes premières nouvelles en format de poche; crois-tu que mon dernier roman puisse être diffusé en France; l’a-t-on soumis au prix de la critique?
Quand l’écrivain rencontre l’éditeur, c’est plus fort que lui, il cherche à obtenir des privilèges, comme si sa valeur personnelle en dépendait. Jean-François ne s’en étonne guère. Cela est vrai à des degrés divers pour tous ses auteurs. Il a su avec le temps cultiver une écoute bienveillante, presque paternelle. Et il en a été récompensé. Son Julien Bernard lui a procuré deux succès de librairie, mais il lui a fallu être patient. D’abord un recueil de nouvelles, L’île de la Renommée, une histoire allégorique, une première œuvre, qui annonçait un talent certain. Le tirage en fut limité. Heureusement pour l’éditeur, car il ne s’en vendit pas six cents exemplaires. Puis vint Le Photographe, un document majeur à caractère historique portant sur une fin du monde annoncée en 1908 par l’ingénieur Eiffel. Ensuite, Le Maître chanteur, une nouvelle écrite à partir d’un fait divers, celui d’un postier de village sur fond d’hystérie collective. Et finalement Le Minotaure, de loin son plus beau fleuron.

Thèmes et genres
ISBN 978-2-8903-7952-7
Date de parution 1998-04-10
Nombre de pages 188 p.

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