Maïna

Dominique Demers

17,69 US$

Résumé

Québec Amérique présente une nouvelle édition du roman Maïna. Une adaptation cinématographique réalisée par Michel Poulette est en salle depuis le 21 mars 2014.
 

Dominique Demers, la grande dame de la littérature jeunesse, nous sert ici un solide roman d’aventures sur une toile de fond peu banale: la préhistoire amérindienne. Un nouveau public élargi sera sûrement séduit par la force d’évocation de ce roman puissant, traversé de remous et de passions aussi grands que nature. Imaginez que vous êtes une jeune adolescente amérindienne de la région de Sept-Îles, il y a 3 500 ans. Vous êtes membre d’une tribu, les Presque Loups. Votre vie quotidienne est axée sur la survie. Mais cette lutte incessante n’empêche pas les émotions, la solidarité, la recherche de l’amour. Maïna, la jeune héroïne de Dominique Demers, vivra des aventures fabuleuses: initiation à la spiritualité, à l’amour, à la sexualité. Son périple peu banal vous entraînera jusqu’à la terre des Inuits où elle fera une rencontre décisive avec Natak, le grand chasseur des espaces polaires. Pour la rédaction de ce roman, Dominique Demers a consulté pas moins d’une centaine d’ouvrages spécialisés sur la vie des Amérindiens et des Inuits. Et l’idée de ce livre lui est venue après avoir vu un bout de tissu vieux de 7 000 ans dans un musée : «J’ai été profondément émue lorsque j’ai aperçu ce morceau d’étoffe, confie l’auteure. Par la suite, j’ai eu une vision : celle d’une jeune fille amérindienne courant le long d’une falaise, dans un paysage très sauvage et grandiose. De là est né le roman.»

Dominique Demers

Docteure en littérature jeunesse, écrivaine, et conférencière, Dominique Demers est bien connue pour ses livres jeunesse qui ...

Docteure en littérature jeunesse, écrivaine, et conférencière, Dominique Demers est bien connue pour ses livres jeunesse qui lui ont valu de nombreux prix. ...

Docteure en littérature jeunesse, écrivaine, et conférencière, Dominique Demers est bien connue pour ses livres jeunesse qui lui ont valu de nombreux prix. Pour l’année 2009-2010 ...

Docteure en littérature jeunesse, écrivaine, et conférencière, Dominique Demers est bien connue pour ses livres jeunesse qui lui ont valu de nombreux prix. Pour l’année 2009-2010 seulement, elle a remporté quatre distinctions prestigieuses : le prix des Univers parallèles, le prix Québec/Wallonie-Bruxelles et le Prix des lecteurs 15-18 ans Radio-Canada/Centre FORA pour Jacob Jobin Tome ...

Docteure en littérature jeunesse, écrivaine, et conférencière, Dominique Demers est bien connue pour ses livres jeunesse qui lui ont valu de nombreux prix. Pour l’année 2009-2010 seulement, elle a remporté quatre distinctions prestigieuses : le prix des Univers parallèles, le prix Québec/Wallonie-Bruxelles et le Prix des ...

Docteure en littérature jeunesse, écrivaine, et conférencière, Dominique Demers est bien connue pour ses livres jeunesse qui lui ont valu de nombreux prix. Pour l’année 2009-2010 seulement, elle a remporté quatre distinctions prestigieuses : le prix des Univers parallèles, le prix Québec/Wallonie-Bruxelles et le Prix des lecteurs 15-18 ans Radio-Canada/Centre FORA pour Jacob Jobin Tome 1 - ...

Extrait

À mon fils Simon

«Les peuples de chasseurs nordiques vivaient au seuil de la famine. Ils faisaient partie intégrante de l’équilibre naturel, avec tous les autres êtres vivants, de la mousse à caribou jusqu’à la baleine.» Keith Crowe, Histoire des autochtones du Nord canadien

Chapitre 1

C’est en atteignant une petite clairière ensoleillée que Maïna aperçut enfin les sept loups. Ses entrailles se nouèrent et un désir impérieux naquit en elle. Une force irrésistible l’attirait vers ces bêtes.
Elle choisit le plus haut, le plus large, le plus noir, celui qui ne baissait jamais la queue: le chef. Toute la journée, elle marcha sous le vent, assez loin pour ne pas être sentie ni entendue. La neige lui racontait le passage des loups. Leurs arrêts, leurs hésitations. Maïna se sentait forte et, pourtant, elle tremblait.
Ils s’arrêtèrent dans une tourbière gelée. Le chef était aux aguets. Trois des petits se roulaient en grognant de bonheur sous les aulnes givrés. Maïna avait honte de son cœur qui battait trop fort. Elle avançait à genoux maintenant, calculant chaque pas, mesurant chaque geste, attentive à tous les bruits, inquiète des branches qui pouvaient craquer et des oiseaux cachés menaçant de s’envoler et d’alerter les loups. Maïna progressa lentement, la mâchoire serrée, tous ses membres tendus, sans même sentir l’eau glacée sous ses jambières de peau. Elle n’avait plus peur. Elle parlait doucement à l’esprit des loups, lui rappelant son offrande de la veille, lui promettant de respecter tous les interdits et de libérer l’âme de sa victime. Rien d’autre n’existait. La bête fabuleuse était devenue son seul univers. Maïna n’aurait jamais cru qu’on pouvait tant désirer une proie.
Les loups s’agitèrent. Ils semblaient prêts à poursuivre leur route, mais le chef lança un ordre et ils s’allongèrent dans la neige. Seul le grand loup noir resta debout, décrivant un large cercle à pas lents autour des siens.
Maïna brandit la lance. Ses gestes étaient sûrs, elle n’hésita pas. Le projectile siffla, fendant le vent d’hiver. À cet instant même, le loup tourna lentement la tête vers elle et leurs regards se croisèrent. La bête aperçut les yeux noirs, brillants de désir. Maïna vit les prunelles dorées, deux petits soleils résignés, et une grande paix l’envahit. Le loup savait et il acceptait. Maïna en était persuadée. Ces deux pierres jaunes, lumineuses, ne disaient pas la rage, ni même la peur ou la colère. Le loup se livrait. Les esprits avaient accepté d’aider Maïna.
Mais au dernier moment, alors même que la lance s’enfonçait dans son flanc, on eût dit que le loup changeait d’idée, qu’il refusait de mourir. La bête bondit. Un éclair noir creva le champ de neige. Le loup ne dansa pas, comme les caribous, avant de mourir. Il courut, porté par un dernier élan de courage, avant de s’écrouler, sans râle, sans cri, sans bruit.
Les autres loups hésitèrent un peu avant de fuir. Maïna se mit au travail. Elle ramassa du bois sec et des excréments puis creusa la neige pour trouver de la mousse. Elle prit son arc-à-feu dans le sac de peau qu’elle portait en bandoulière, le déposa cérémonieusement sur le sol et s’agenouilla devant ces deux précieux morceaux de bois qui permettaient de faire apparaître le feu. Elle retira alors ses mitaines de fourrure et glissa ses mains sous plusieurs épaisseurs de peaux pour les réchauffer en les aplatissant sur ses petits seins.
— À peine plus gros que des crottes de lièvre, se moquait sa cousine Mastii.
Maïna frotta sans répit, toujours au même rythme, comme sur une musique secrète, la mince baguette contre le morceau de bois dur. Elle retenait son souffle, tous ses sens en alerte, guettant l’apparition magique. Elle avait, tant de fois déjà, répété ces gestes précis et pourtant elle ne se départait jamais de la terrible crainte que le feu ne renaisse pas.
Un filet de fumée, si mince qu’on l’aurait cru imaginé, finit par s’élever. Maïna redoubla d’ardeur, chauffant le bois en le frottant énergiquement pour que la fumée épaississe. Des miettes de mousse et d’excréments puis des brindilles alimentèrent bientôt une flamme fragile. Après, les gestes de Maïna s’enchaînèrent plus rapidement. Elle retourna à la bête, retira la lance, pressa ses lèvres contre la plaie et but avidement le sang chaud.
Maïna ouvrit sa proie en lui tranchant le ventre avec son couteau à pointe de pierre. Puis, plongeant les mains dans le creux sombre et odorant, elle dégagea les entrailles. Elle écorcha ensuite son loup, caressa longuement la magnifique fourrure, puis fit brûler la chair et les os, car les Presque Loups ne mangent jamais leur semblable. Lorsque la faim les terrasse et que les caribous, les castors et les poissons se refusent, les Presque Loups se gavent de plantes comme la tripe de roche, ils dévorent jusqu’à la panse pulpeuse du castor, grugent la chair blanche sous l’écorce des arbres ou creusent le sol de leurs doigts meurtris en quête de racines, mais ils ne goûtent jamais à la chair du loup.

Critiques

« Ce roman est le fruit de l’inspiration mais aussi d’une solide recherche sur les mœurs des sociétés primitives amérindiennes. »

Richard NoëÉchos du Vieux-Montréal

« Roman initiatique pour les jeunes, Maïna est aussi un fabuleux cours d’histoire pour tous qui nous fait découvrir les us et coutumes des peuples paléoesquimaux. »

Ginette HachéL’actualité

« Un récit passionnant et émouvant qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. »

Journal de Québec

« Le récit est très prenant, habile. Les péripéties abondent, les moments de tension extrêmes se succèdent entrecoupés à peine le temps d’une respiration… »

Gisèle Desroches,Le Devoir

« Les lecteurs adolescents et adultes s’attacheront à cette héroïne insoumise et courageuse, qui transgresse les règles par pure conviction, et se laisseront emporter par les images riches et l’écriture vive et prenant de Dominique Demers. »

Daniela Di Cecco,Canadian Children’s Literature/ Littérature canadienne pour la jeunesse

« On retrouve avec bonheur l’intensité de l’auteure, sa sensibilité profonde, sa faculté à émouvoir le lecteur, adulte ou adolescent. »

Monique RoyChâtelaine

« Un livre fort et dense… »

Pascale NavarroVoir

« Maïna (…) c’est aussi et surtout le récit bouleversant d’un personnage extraordinaire, aussi loin de nos références sociales que proches de nos émotions. »

Martin FrancoeurLe Nouvelliste

« Voilà l’univers que Dominique Demers a découvert et nous transmet avec bonheur. »

Suzanne DécarieFemme Plus

« (…) par son écriture puissante, par la générosité de ses scénarios, elle est sans doute la plus universelle de nos auteurs. »

Jean Vigneault Le Courrier de Saint-Hyacinthe
ISBN
Date de parution
Nombre de pages 376 p.
Dimensions 6,0 cm x 9,0 cm

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