Turbide

François Racine

26,95 CAD$

Résumé

On est partis la première fin de semaine d’août. On avait tous alors à tort plus ou moins relégué aux oubliettes les bébites à Turbide. Un mois s’était écoulé depuis sa monumaladementale dérape du soir de ma mouvance, et on s’était fait de très rassurants accroires depuis, on avait convenu qu’il avait simplement détripé, un point c’est tout, on avait renvoyé les monstres en dessous du lit, merci beaucoup bonsoir, on s’imaginait qu’ils crèveraient là de leur plus belle crevaison, mais c’est le contraire qu’ils ont fait.

 

Dans son style unique qui allie langue littéraire et langue parlée, François Racine raconte Vincent Turbide, un bomme magané trituré par la vie tout entière et par les voix qui lui peuplent la tête. Ses tchommes canailles tentent de l’aider comme ils peuvent, mais ce qu’ils peuvent, c’est pas grand-chose. Quand même, ils essayent, parce qu’on ne peut couper si facilement une si vieille branche, aussi malade soit-elle.

François Racine

François Racine a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal....

François Racine a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Il est professeur de...

François Racine a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Il est professeur de littérature au Cégep...

François Racine a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Il est professeur de littérature au Cégep André-Laurendeau. En 2014, il publiait Truculence, un roman qu’il a écrit en réaction à la grève étudiante, puis Tabagie l’année suivante. Turbide est son troisième roman.

François Racine a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Il est professeur de littérature au Cégep André-Laurendeau. En 2014, il publiait Truculence, un roman qu’il a écrit en réaction à la grève étudiante, puis Tabagie l’année suivante. Turbide est son...

François Racine a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Il est professeur de littérature au Cégep André-Laurendeau. En 2014, il publiait Truculence, un roman qu’il a écrit en réaction à la grève étudiante, puis Tabagie l’année suivante. Turbide est son troisième roman.

Extrait

Même Camille a échoué à lui faire retrouver son calme, alors que la voisine d’en bas sortait pour savoir si on pouvait cesser le chahut, la belle blonde le cherchait de ses yeux bleu fantasme et ne le trouvait nulle part, tout perdu qu’il était dans son regard de brouillard opaque. J’ai quand même réussi à le faire entrer dans l’appart, à l’amener dans le salon, c’est moi qui l’ai calmé, au bout du compte, je l’ai sorti de l’eau bénite et il a cessé enfin de se débattre, il me suivait, j’ai fermé les rideaux à sa demande – il commençait à retrouver un semblant de parole humaine –, parce qu’il redoutait que les voisins le voient dans son obscure nudité. Je l’ai aidé à s’allonger sur le divan, en position foetale, comme dans le bon vieux temps jadis précédant l’expulsion en plein réel totalitaire, il était d’une fragilité immense, il titubait en gondole, et j’avais peur de l’échapper, qu’il se fracasse en mille miettes sur le sol. J’ai fermé les lumières, c’est ce qu’il voulait, puis l’ai bordé comme un enfant, il grelottait, claquait des dents, voulait mourir. Il m’a demandé pourquoi j’étais dans sa tête, ce que je faisais là au juste et si je lui voulais du mal. J’ai répondu que non, que je voulais son bien, que j’étais son ami, qu’on était dans le réel ensemble et qu’elle lui appartenait tout entière, sa tête, que j’avais aucune affaire là. Il a fini par balbutier : « Merci, Samé. T’es-t-un hostie de bon tchomme », je lui ai demandé s’il avait besoin de quelque chose, et il a dit non. Je le sentais un brin rassuré, revenu en partie d’où il était pris, d’où il faisait une noirceur abyssale, d’où règnent des monstres encore inconnus de l’humain. Je lui ai dit de pas hésiter à me lâcher un ouac si ça cessait d’aller. De pas lâcher, aussi, surtout. Grelottant sans réponse, il s’est enfoui la tête en dessous du drap. Il faisait trente degrés Celsius.

Critiques

« Dans une maîtrise parfaite du ­français, l’auteur lui fait assumer des mots inventés, des expressions transformées, des contraires linguistiques qui s’attirent, et soudain la ­réflexion se glisse dans ce récit qui semble si ­ludique. Du Fred Pellerin appliqué au roman. »

JOSÉE BOILEAULE JOURNAL DE MONTRÉAL
ISBN
Date de parution
Nombre de pages 360 p.
Dimensions 12,7 cm x 20,3 cm

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